FRANCIN SE SOUVIENT : le bombardement du hameau des Côtes

Il y a 80 ans, le samedi 1er juin 1940 vers 17 h00, deux bombes allemandes sont larguées sur le hameau des Côtes. L’une est tombée au pied d’un peuplier, l’autre atteindra de plein fouet la ferme « La Campagnotte », propriété de la famille Girard-Reydet.

Emile Viboud, âgé de 9 ans à l’époque, reste l’un des derniers témoins vivant direct du drame.

Il nous confie : « J’étais revenu de l’école qui se terminait à 16 heure et je donnais du grain aux poules comme me l’avaient demandé mes parents partis au champ quand je vis apparaître une escadrille d’avions allemands venant du sud. J’en comptais onze et je vis que l’un des avions larguait des bombes.
J’eus à peine le temps de comprendre qu’elles explosaient sur la ferme d’à côté dont le toit couvert de tuiles partit en débris dans un fracas épouvantable, plein de poussières. Je prenais un éclat de tuile sur l’épaule et la tête et je commençais à saigner. En pleine épouvante et mu par un instinct de survie, je m’enfuis dans les champs voisins et je me cachais.
Mes parents me cherchèrent en vain et je finis par revenir seul à la ferme. A mon retour au hameau, je découvris l’ampleur des dégâts de la bombe sur la ferme voisine complètement détruite et alors j’appris le drame de ses occupants dont le décès de mon camarade voisin « Marc » avec lequel j’étais revenu de l’école, retiré des décombres et enfin la perte totale de leur bétail. Notre ferme n’avait-elle plus qu’un toit étoilé, les ardoises avaient été pour beaucoup soufflées encombrant la cour.
Ce que l’on sait moins, le lendemain dans la matinée du dimanche, une foule nombreuse de curieux venait constater les dégâts lorsqu’un avion allemand a sillonné le ciel. La foule, prise de panique est allée se cacher de peur d’un nouveau bombardement. »

Voilà 80 ans après, cet étrange bombardement reste une énigme et l’on ne s’explique toujours pas pourquoi ce bombardement allemand à Francin qui a laissé de sinistres traces dans la mémoire collective et a rappelé que nous étions en guerre.

Témoignage recueilli par Claude DETRAZ auprès d’Emile VIBOUD (en photo ci-dessous), habitant toujours la ferme familiale, le Jeudi 28/05/2020.


Page mise à jour le 05 juin 2020